
Il y a peu de temps j'ai lu Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo. Un roman picaresque sur l'ascension d'un jeune paysan dans un Paris de l'avant révolution.
Les premières pages ne m'ont pas particulièrement plu... bien au contraire... L'auteur commence en effet son roman par une description d'un Paris en sueur, sale, aux "remugles" puissants... Oui, remugles. Car ce qui ne m'a pas plu dans cet incipit c'est l'étalage de mots et d'expressions soutenus, savants et pesants... On a vraiment l'impression que l'auteur cherche à nous assommer avec son savoir et c'est bien dommage. L'envie de refermer le livre était forte mais j'ai décidé de continuer encore un peu ma lecture, de donner une autre chance à ce livre. Et j'ai bien fait. Ce livre est véritablement un petit trésor de la littérature moderne française. (Bon j'y vais peut-être un peu fort ;-) ). Passées ces quelques pages à la lourdeur incommensurable (oui moi aussi j'ai décidé d'étaler ma culture étymologique... (et la culture, c'est comme la confiture.. ;-) )), donc passées ces quelques pages, le style de l'auteur s'allège un peu et l'on est pris dans le récit, attiré comme le héros par cette Seine mystérieuse et magnétique, dangereuse et omniprésente dans le roman.
Une autre caractéristique de ce roman est le mélange constant de violence et de sexe. Du Paris des bas-fonds aux salons poudrés des aristocrates, le désir, la violence et la mort tirent les ficelles des jeux de pouvoirs dans lesquels est plongé Gaspard, notre protagoniste.
Voici le résumé en quatrième de couverture:
"«C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale. Ses mœurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise. On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice.» Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l'agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d'apprentissage, Une éducation libertine retrace l'ascension et la chute d'un homme asservi par la chair."
Tout un programme. Je vous conseille donc de résister aux première pages si elles ne vous plaisent pas, car ce roman vaut vraiment la peine d'être lu. On le quitte avec regret tant on se plaît en la compagnie de ces personnages entiers et torturés.
Une éducation libertine
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- mardi 26 janvier 2010
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